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C m ]
les differens genres d’ Efprit, il me parait, qu’en
comparant par exemple l’Architecture des Grecs &
celle des Goths, on diftinguera aifément, non
feulement laquelle des deux Nations a été la
plus policée, mais encore laquelle a été la plus
raifonnable: & par ce détour, inutile dans les
autres Arts, on jugera laquelle ait eue de
meilleures Moeurs, puisque les Moeurs font
toujours bonnes à proportion des progrès de la
raifon & du bon-fens national.
La conclufion générale de ce que je viens
de .dire, c’eft que fi les Beaux-Arts fe
perfectionnent de manière que leurs objets & leur
caractère fe conforment de plus en plus à ce
que doivent être les Moeurs d’une Nation, c’eft
un figne certain que les Moeurs s’aprochent da
plus en plus de ce qu’elles doivent être.
Je prévois, que pour infirmer cette opinion,
on dira que c’eft bien la moindre partie d’une
Nation qui s’entend en Beaux-Arts, & que par
conféquent leur caractère eft décidé par les Moeurs
du petit nombre et non par les Moeurs
générales de la Nation. Il faut fe rappeller qu’il
n’eft point ici queftion des chefs-d’oeuvre: chez,
toutes les Nations il en peut paroître qui ne
dépendent pas des Moeurs publiques. Ce n’efl
que d’après le plus grand nombre des
Ouvrages qu’il faut juger. Or la plupart des Artiftes
ne fe forment pas fur les jugemens des
Con-naifleurs, mais ceux du Public, c’eft-à-dire, de
la multitude généralement la moins inftruite,
qui achete & juge également le bon, le
medio-cre & le mauvais, précifement parcequ’elle
n’entend pas ce qui eft proprement l’effet de
M 3 l’art
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