Full resolution (JPEG) - On this page / på denna sida - 1. La nature - II. Au Cœur de l’hiver suédois
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AU COEUR DE l’hiver SUEDOIS 41
galopent éparpillent au-dessus des champs de
neige un immense et léger carillon. Si nous gar-
dons au cercueil quelque sentiment des choses
d’ici-bas, voilà donc un mort enviable ! A peine
dix personnes suivent son convoi ; mais quel
défunt fut jamais accompagné d’un plus beau cor-
tège de sonneries ? Les routes où il a marché, les
champs et les bois où il a peiné, les collines qu’il
a gravies derrière ses troupeaux, tous les coins de
terre où il a songé le songe obscur de la vie, accou-
rent autour de sa fosse et lui jettent en guise
d’adieu les sons de cloches et de clochettes qui,
depuis plus de cinquante ans, chantèrent à ses
oreilles la douceur de Noël et l’éternelle jeunesse
de son pays.
* *
Pendant ces après-midi de Noël où tout dort)
hommes et bêtes, j’ai visité les installations des
trois peintres de mon hôtel, Vallén, Nyberg et
Ankarkrona. Ils ont loué de très vieilles fermes
avec un auvent en forme de guérite, et des lits
comme en Bretagne, des berceaux de cuir suspen-
dus au plafond, des sièges taillés à même le tronc
d’arbre. C’est là qu’ils passent leur vie, simple-
ment, discrètement, dans l’adoration du ciel dalé-
carlien et dans l’amour du paysan et de son rouge
foyer. Vallén se plaît aux colorations de l’automne;
et tous trois désespèrent d’attraper les nuances
fugitives de la neige. Ankarkrona s’attache de pré-
férence à ce qui porte l’empreinte du labeur humain :
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