Full resolution (JPEG) - On this page / på denna sida - 3. Deux représentants de la Suède littéraire - I. Un Romantique suédois : Almqvist
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251 LA SUÈDE
au Voyage de Bougainville qu’Almqvist devait
juger infâme, tout en exaltant comme Diderot l’in-
nocence de la nature. Seulement, cette nature, qui
pour nos philosophes du dix-huitième siècle, est le
triomphe ingénu de la sensualité, se pare aux yeux
du Suédois d’une grâce puritaine tout à fait extra-
ordinaire. Ils ont juré que non! Plus loin, Parju-
mouf se contemple dans une source, non par co-
quetterie, mais par vertu, car l’autel du dieu est
proche, et sur ce miroir enchanté les mauvaises
pensées de l’âme se reflètent en laideur dans
les traits du visage. Je regrette qu’elle n’y voie
pas la figure de son amant. Je n’aurais pas été
fâché de découvrir la source magique et platoni-
cienne de l’Astrée chez les vertueux Indiens des
possessions hollandaises, et j’aurais pu ajouter
d’Urfé à ce long cortège d’immortels qu’Ellen Key
semble inviter aux funérailles de son héros.
En tout cas, j’y demande une place pour Alfred
de Vigny. Almqvist devait savoir le Moïse par
cœur lorsqu’il écrivit la Nuit du poète. Le poète,
cet élu de Dieu, parle ainsi : « J’entendais le ton-
nerre gronder dans les nuages... je souriais et je
disais : « L’éclair est beau. » La pluie tomba, dilu-
vienne... Je ne fus point mouillé. Les tempêtes pas-
saient sur les prairies et les forêts ; les bêtes s’enfui-
rent; les hommes furent glacés jusqu’aux moelles.
Ma main était chaude et je peignais. Je vis croître
les bourgeons et se sécher les fleurs. Je peignais. Je
vis les enfants grandir, devenir des jeunes filles et
des jeunes gens. Les jeunes filles s’épanouirent en
femmes : les jeunes gens, hommes à leur tour, par-
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