Full resolution (TIFF) - On this page / på denna sida - Bref från Leopold till J. Axelsson Lindblom. I. Af E. Lewenhaupt
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108 Bref från Leopold till J. Axelsson Lindblom.
ce qui rend leur son dur et qui em peche notre élocution d’étre
douce et sonore; enrichissons nos Dictionnaires, mettons des airs
nobles dans nos expressions et nous aurons des bons Poetes. Tout
cela se doit faire avant, et ce n’est pas là Fouvrage de peu de tems.
Vous aurez la bonté, Mon Cher Maitre, de Vous souvenir que
Rome eut son Ciceron, avant que d’avoir Virgile Horace et Lucain.
Encore avoit elie eu besoin de septcent ans de progrés pour
pro-duir un homme, tel que ce grand Orateur. Cela ne prouve-t-il pas
que les arts ne s’avancent que tres lentement, et que, pour étre
grand Poete il faudroit plutot avoir recours a une langue tout
for-mée, que d’en former une?
Il n’y a aucun peuple en Europé (quand seulement ön fait
Fexception des nos chers Voisins les Russiens, et de ces pauvres
enfants dune mere tracassiere, les polonais) qui soit si tärd
par-venu à faire quelque progrés dans les arts que nous. Nous ne
pouvons nous vanter que d’un tres petit nombre de grands
horn-mes et toutes les autre nations jusqu’à la Hollandaise. ont fleuri il
y a deja long tems. Nous parlons de la poesie: Litalie avoit eu
son Trissino et meme fcon Torquato, les Portugais son Camoens
FEspagne son Don Al. d’Ercylla T Cuniga, FAngleterre son
Shake-spear, son Milton et son Pope, et ön admiroit en France le grand
Corneille, Finimitable Racine le correcte Despréaux tandis que nos
meilleurs poetes ne savoient guere autre chose qu’enrichir nos livrés
de pseaumes. Nous ne saurons soutenir que la poesie chez nous
a été tolerable qu’aprés le tems de Fillustre Msr. Dalin, c’est à dire,
depuis tout au plus un demi Siecle: cela n’est pas grande chose.
Le seul moyen que je sache pour rendre en peu de tems notre
langue facile, variéé et majestueuse; ce seroit de bien étudier les
autres. On parvient enfin par là à y faire heureusement passer
les mémes tours et souvent les mémes expressions qu?on admire
dans une langue etrangere. Cétoit ainsi que fit le grand maitre
Ciceron: il s’apprit le grec, il étudoit Demosthene, et voilà qu’il
fut orateur. Cétoit encore de cette facon que le charmant Terence
est devenu un model si parfait en son genre. Il fit, comme vous
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