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11 jouit d’une parfaite santé, qui n’a pas été alterée d’aucune
manière; mais au contraire bien soutenue par un exercice
continuel, sitôt que le tems a voulu le permettre.
»Ce séjour, qui de tout tems fît l’aversion des gens
raisonnables, s’est un peu empiré depuis le départ de Y. E.
Actuellement on fait les plus grandes sottises et les plus terribles
extravagances, sans que l’on ose ni les relever, ni se plaindre. Il
arriva que la nuit du samedi Madame de Wrede eut ses fenêtres
cassées par des pierres, jettées dans ses appartements. Une bande
joyeuse, qui couroit le jaidin toute la nuit en chantant des infâmes
chansons françoises, lui avoit fait ce cadeau par gaieté de coeur.
Elle raconta à tout le monde ce qui s’étoit passé et portoit ses
plaintes au Roi. Il s’en mocquoit au commencement, mais
ensuite il fit entendre à M:me de Wrede qu’il voulait que cette
affaire fut cachée, et qu’il avoit été de la partie. Elle, feignant
de ne point entendre, faisait plus de bruit qu’elle n’en avoit fait
auparavant, ce qui occasionna une scène très-vive à la Chine.
L’on se disoit tant de choses dures, que le Roi tremblait à la
fin comme une feuille de colère et de rage, et M:me Wrede,
pleurant à chaudes larmes, se proposait de partir au plutôt.
Elle est partie hier effectivement, malgré le tems affreux qu’il a
fait toute la journée. Voilà de ces sortes de choses qui se
passent ici tous les jours, sans que l’on y fait la moindre attention;
mais comme cette histoire est la plus remarquable, je n’ai pas
voulu la passer sous silence, afin que V. E. puisse se faire une
idée des amusemens de nos jeunes gens, et par conséquence de
ce que l’on doit souffrir quand on n’est pas de leur ligue, n’ayant
pas le même fond de gaieté et d’enjouement.
»Le Comte Creutz qui se porte mieux, mais qui garde
pourtant la chambre, me charge d’un million de compliments pour
V. E. Stenbock, Ramel, Ekeblad, Strômfelt, Stackelberg m’ont
prié de présenter leurs respects.
) J’ose supplier V. E. de présenter mes très-humbles respects
à ses Demoiselles, ainsi qu’à M:rs de Râlamb et Wrangel et de croire
EUe-méme que je suis toute ma vie avec le plus profond respect
de V. E.
Drottningholm ce 15 d’Août 1783.
le plus très-humble et très-ohcissant serviteur
- Charles Bonde.»
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