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le prince héréditaire de son caractère. Au reste, je dois
ajouter, que le prince héréditaire m’a chargé de vous dire,
ma chère soeur, que si ce mariage est agréé, il dépend
alors de; vos volontés si vous jugez convenable de lui
envoyer une dame, qui puisse lui donner les premières idées
d’un plan de conduite qu’elle doive suivre lorsqu’elle
passera en Suède. Egalement si vous trouvez convenable de
lui envoyer des femmes de chambre suédoises, ou un maître
de langue; en un mot, tous ces petits détails dépendront
uniquement de vos volontés, de celle du Roi votre fils et
du Prince qui se trouve le plus intéressé. Vous voudrez
également fixer le terme du mariage et prescrire en un
mot tous les arrangements que vous désirez qu’on prenne.
Il faut encore que je vous prie, ma chère soeur,
d’envisager tout différemment que vous faites les refus de ma soeur.
Un mot de conversation détruiroit bien vite toutes les idées
qu’on s’est formé à ce sujet; mais c’est A l’honnête
caractère de ma soeur et de sa fille que vous devez attribuer
ces refus. Seroit-il dans l’ordre si, pour établir sa fille,
olle eut privé la Suède du fruit que l’on doit espérer de
tirer de ce mariage; or le dérangement de la santé de ma
nièce est si avéré, qu’elle-même m’en a parlé, et qu’elle a
renoncé, quoique pas sans peine, a tout établissement.
Après ceci, il ne doit plus vous rester le moindre doute sur
les sentiments de la maison de Brunswick, lesquels,
principalement ceux de ma soeur, n’ont jamais eu pour objet de
blesser ou de déplaire à Vous, au Roi votre fils et au prince.
lue s circonstances du tems m’occupent beaucoup. Je suis
obligé d’écrire tous les jours, et de parler à nos ministres.
C’est encore un terrible chaos, le tems le débrouillera,
quoiqu’il arrive. Je vous supplie, ma chère soeur, de compter
sur mon tendre attachement et sur les sentiments avec
lesquels je suis
Ma très chère soeur
votre très dévoué et fidèle
frère et serviteur
Henri.
Fersen. Hist. Skrifter. IV.
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