- Project Runeberg -  Upsala Universitets Årsskrift / 1864 /
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2 A. M. Petersson.

il s’agit!) il admet d’une part que l’existence ou la non-existence de
la condition énoncée dépend de l’emploi ”conventionnel” de I’one ou de
l’autre série de temps; mais il se håte d’abandonner ce qu’il vient d’ad-
mettre en disant que la réalité ou la non-réalité de la condition en tel
ou tel cas ne dépend que du sens et qu’il n’y & point de différence
quant å l’existence de la condition soit qu’on se serve d’un temps de
présent ou d’un temps de prétérit 2). Ce qui a forcé M. Mätzner å
accepter tant de points de vue å la fois, c’est, ce nous semble, quiil
n’a pas bien distingué les vraies phrases conditionnelles d’avec d’autres
qui leur ressemblent plus ou moins, ou qui ont tout å fait leur forme
sans avoir leur sens. Nous ne rapporterons que les exemples suvivants;

Si gat vécu, ce ne fut qu’un moment (Parny). Si lForeille ait

étonnée, les yeux ne F’étaient pas moins (De Vigny).

Ces phrases, M. Mätzner les range parmi les phrases condition-
nelles, quoiqu’elles n’aient que la forme commune avec celles dont il
s’agit. Or c’est précisément sur ces exemples quv’il appuie son opinion
de ces phrases. Donc, si M. Mätzner avait retranché les phrases ci-
tées et toutes celles dont le sens n’est point conditionnel, il aurait
pu admettre moins de points de vue, et son exposition serait de-
vennue plus claire et plus nette.

Aprös M. Mätzner viennent les grammairiens dont les ouvrages
sont plus ou moins purement pratiques. De ces auteurs il n’y a per-
sonne, que je sache, qui ait pu vider la question ou méme essayer å
le faire. Car ils ont tous commis la méme faute qui consiste en ce
qu’ils ont mis au nombre des modes la forme du verbe qu’on appelle
”conditionnel”. Aussi sont-ils tous fort génés, fort embarrassés par les
conséquences qui en découlent. Nous allons exposer, en resumé, ces
conséquences.

D’abord, si I’on pose la forme du verbe dont il s’agit comme un
mode spécial ”exprimant PFaction comme subordonnée å telle ou telle
condition énoncée ou sous-entendue” 3), ou, pour mieux dire, comme un
mode dont le but spécial est d’exprimer ”Yidée d’affirmation soumise
å une condition”, ou simplement "une idée de condition” +), comment

!) Voir Eduard Mätzner, Syntax der neufranzösischen Sprache. Ber-
lin, 1845, II Th., p. 160—176; Französische Grammatik mit besonderer
Beräcksichtigung des Lateinischen, Berlin, 1856, p. 587—591.

2) Syntax der neufr. Sprache, I Th., p. 160.

3) Poitevin, Cours théorique et pratique de Langue frangaise, Paris
1855, p. 56.

1) MM. Bescherelle, Grammaire Nationale, 10me édition, Paris, 1860,
Pr 495, ?

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