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leurs actes, bons ou mauvais; elle est surtout le laboratoire où les lois se con-
fectionnent, s’amendent, se révoquent, où la discussion se fait au grand jour
et se répercute dans les journaux et à la radio; où l’opposition même peut tout
à son aise critiquer, interrompre, braver la majorité, souvent gagner son
point, sans craindre ni le bâillon, ni le pistolet, ni le camp de concentration.
Certes, la députation canadienne, comme toutes les députations du monde,
peut avoir ses lacunes. Elle n’a pas la prétention d’être uniquement com-
posée de surhommes. Dans une conférence qu’il prononçait à Québec, en
1934, un ancien ministre fédéral, M. Ernest Lapointe, disait à ce sujet:
“Il n’y a pas que des vedettes au Parlement, mais chacun y vient faire son
devoir . . . Venus des villages éloignés de la plaine ou de la montagne, où
règnent le calme et la tranquillité, des petites villes ou des grandes cités,
où fermentent tant d’ambitions et où s’agitent tant de problèmes, les députés
composent un ensemble qui résume le Canada, le synthétise, le présente en
raccourci d’une façon aussi complète que possible. C’est par eux que la voix
de la nation domine le tumulte social, que le droit s’affirme en même temps que
la souveraineté du peuple.”
Un observateur étranger, peu au courant de notre vie parlementaire,
contesterait peut-être l’existence de cette souveraineté en faisant observer
que les membres du cabinet fédéral ne sont pas nommés par les représentants
et que le premier ministre lui-même n’est pas directement appelé par la Cham-
bre à former un gouvernement. Mais on sait qu’en réalité c’est le chef du
groupe politique le plus nombreux à la Chambre qui est désigné à la fonction
de premier ministre et qu’aucun cabinet ne peut tenir sans l’appui d’une
majorité d’élus du peuple. Tout gouvernement qui tenterait d’exercer le
pouvoir avec une minorité parlementaire pourrait être renversé du jour au
lendemain.
Le Conseil des ministres est le mandataire de la Chambre des Communes,
dont il exécute les volontés. Il doit se tenir constamment en contact avec
elle afin de ne pas s’isoler du peuple et de suivre de près les fluctuations de
l’opinion. D’ailleurs, toutes les mesures importantes — sauf dans les cas
d’urgence nationale — , toutes les lois nouvelles, tous les subsides, tous les
octrois, toutes les allocations, doivent être votés préalablement ou approuvés
ultérieurement par la députation. De la sorte, le premier ministre et son
conseil ne font guère qu’exécuter les volontés du corps électif.
Il serait cependant erroné de croire que les membres du gouvernement et
la Chambre des Communes se bornent au rôle d’interprètes de l’opinion
populaire. Leur devoir est aussi de guider et d’éclairer la nation. II suffit
de suivre les débats parlementaires pour constater jusqu’à quel point l’esprit
critique s’y exerce, jusqu’à quel point des idées et des principes y apparaissent
sous un jour nouveau, jusqu’à quel point des déclarations y sont faites de
façon à modifier certains sentiments de la masse ou À y créer de nouveaux
courants d’opinions. Sous ce rapport, les directives du chef d’État peuvent
avoir des répercussions considérables dans toute la nation.
Enfin, pour compléter le tableau en raccourci de notre vie parlementaire,
ajoutons que le Sénat, corps non électif, à qui appartient le pouvoir d’appro-
bation ou de désaveu de la législation, est un guide utile, souvent nécessaire,
dans le perfectionnement de nos lois, mais qu’en pratique il lui est impossible
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