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görtz’ bref ur fängelset i arnhem 1717
173
pensablement. L’affaire auroit été faite et le Roi d’Angleterre n’y
auroit rien pu trouver à redire. Il semble que la politique exigeoit
d’y ’procéder promtement,, car la Cour d’Angleterre découvre
assez la vue dans mon arrêt: c’est d’eloigner toute négociation de
paix, avant d’être sur de l’acquisition de Brehmen, et d’impliquer
la republique dans les troubles du Nord. Je laisse au jugement de
M:r Preis de voir, s’il est en état de donner un memoire pour
marquer le peu de raison, qu’il y a dans ces délais et pour savoir
positivement ce que l’Etat avoit intention de faire à mon égard. Il
pourroit encore représenter à M:r de Chateauneuf, qu’à moins
d’avoir une promesse positifve, que telle que puisse être la reponse
d’Angleterre, on me relacheroit, il ne pourroit pas se dispenser de
mander au Roi que tout cela n’etoit que des artifices et des
amu-semens. Si le Roi a mis pour conditio sine qua non de toute
négociation ma relaxation, la France se donnera beaucoup de
mouvement pour cela. Il faudra seulement la pousser, et il seroit bon,
que M:r Preis laissât tousjours remarquer de la defiance des
promesses, que les Etats donnent, et qu’il avertisse les bien
intentionnés de l’artifice des autres.
Je vous prie de saluer M:r Preis de ma part, et de lui dire,
que je ne sais pas comment il regarde ce resultat de la conférence
des députés de l’Etat avec le ministre Anglois, que pour moi, je le
trouvois insultant pour le Roi nôtre maitre et honteux pour la
Republique. L’on avoue d’un coté nettement, que l’on n’a plus de
raison de m’arreter, que le Roi les a toutes levées par sa
déclaration, que la justice veut, qu’on satisfasse aux demandes du Roi.
D’un autre coté l’on dit que l’interet de la Republique l’exige; que
c’est pour l’avancement d’un bien, que toute l’Europe désiré
ardemment: on avoue de plus, que l’on n’est plus dans aucune obligation
à cet égard, le danger étant suffisamment passé, et cependant l’on
ne fait pas ce que l’on doit faire. N’est ce pas traiter le Roi de
Suède en petit Roitelet, à qui on ne balance pas de faire toute sorte
d’avanie, lorsque le caprice du Roi d’Angleterre ou plutôt celui de
quelque favori peut être flatté? Et n’est ce pas avouer une bassesse
extrême, que de n’oser pas faire une chose que la raison et
l’interet dicte de faire, lorsque le même caprice d’un favori du Roi
d’Angleterre peut être desobligé? Y a-t-il quelque chose de plus
rampant? Il n’y a pas de petit comte dans l’Empire, qui dans sa
comté ne se moquât du Roi d’Angleterre ou de tous les Rois du
monde, lorsque la raison et l’interet lui dicta de faire quelque chose.
N’est ce pas là faire esclave de gaieté de coeur? Je remets au
jugement de M:r Preis l’usage qu’il y a à faire de cette reflexion,
mais je crois pourtant, qu’il ne seroit pas mal de parler à M:r
Chateauneuf sur ce pied et de lui faire sentir, que M:r Preis ne
pourroit pas se dispenser de raisonner sur ce pied dans ses lettres
pour la Suède à moins qu’on l’assurât positivement que quelle que
puisse être la reponse d’Angleterre, l’on me rendroit ma liberté
in-cessament après son arrivée sans parler de concert, car ce mot de
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