- Project Runeberg -  Nordisk tidskrift for filologi (og pædagogik) / Tredie række : Andet bind /
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(1874-1922)
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Anmeldelser. Gaston Paris, L'altération romane du c latin (Ecole pratique des hautes études annuaire 1893. P. 7—37). Paris 1893. L'illustre romaniste M. Gaston Paris vient de reprendre la question tant de fois débattue de la prononciation du c latin. Dans deux mémoires qui vont paraître sous peu, il a examiné d’un côté «les faits épigraphiques et paléographiques qu'on a cités ou qu'on pourrait citer pour attester l'ancienneté d'une altération dans la prononciation du c» et, de lautre côté, les différentes phases de cette altération en gallo-roman; dans un troisième mémoire, celui dont nous allons nous occuper ici, il a examiné surtout la date de l'altération. Il commence par poser la question d'une manière on ne peut plus précise, en constatant que le ς latin était indubitablement une explosive sourde et que son altération dans les parlers romans est due à la nature de la voyelle suivante: dans co, cu lVexplosive est postpalatale, tandis qu’elle est médiopalatale dans ca et prépalatale dans ce, οἱ [ke, ki]; on peut s'étonner que ce fait, généralement admis depuis longtemps par les phonéticiens, soit resté inconnu à tant de philologues. M. P. examine ensuite l'époque de la transformation de la prononciation du c, et il détruit complètement l'hypothèse émise par M. Gröber et reprise par M. Meyer-Lübke, d'après laquelle l'altération aurait commencé entre la conquête de la Sardaigne (238 av. 0. 0.) et eelle, de l'Espagne (197. ἂν. J. C.). Cette théorie s'appuie sur la correspondance prétendue des formes diverses prises par le c dans chacun des pays romanisés avec l'époque de la conquête; mais, comme le montre par exemple la conservation du c intact jusqu'à nos jours dans ce qui subsiste de l'illyroroman, une telle correspondance est tout à fait imaginaire, et du reste on ne trouve nulle part, avant le VI® siècle, aucune trace d'une altération quelconque dans la prononciation du c. M. P. finit par admettre une altération indépendante du c dans les différents pays romans; c'est là la seule manière de voir raisonnable, et le savant auteur appuie sa théorie, qui sans doute compte des partisans depuis longtemps, mais qu'il a l'honneur d'avoir exposée le premier, par quelques considérations intéressantes sur le développement phonétique du roumain et de plusieurs patois français. En somme, on retrouve dans ce mémoire, que je recommande chaudement à l'attention des latinistes et des romanistes, toutes les qualités du maître: une érudition vaste et pénétrante, une méthode rigoureuse et une admirable clarté dans l'exposition. Du reste il serait banal de louer M. Paris, et je ne trouve guère à

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