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Anmeldelser.
Gaston Paris, L'altération romane du c latin (Ecole pratique des
hautes études annuaire 1893. P. 7—37). Paris 1893.
L'illustre romaniste M. Gaston Paris vient de reprendre la
question tant de fois débattue de la prononciation du c latin.
Dans deux mémoires qui vont paraître sous peu, il a examiné
d’un côté «les faits épigraphiques et paléographiques qu'on a
cités ou qu'on pourrait citer pour attester l'ancienneté d'une
altération dans la prononciation du c» et, de lautre côté, les
différentes phases de cette altération en gallo-roman; dans un
troisième mémoire, celui dont nous allons nous occuper ici, il a
examiné surtout la date de l'altération. Il commence par poser
la question d'une manière on ne peut plus précise, en constatant
que le ς latin était indubitablement une explosive sourde et que
son altération dans les parlers romans est due à la nature de la
voyelle suivante: dans co, cu lVexplosive est postpalatale, tandis
qu’elle est médiopalatale dans ca et prépalatale dans ce, οἱ [ke, ki];
on peut s'étonner que ce fait, généralement admis depuis
longtemps par les phonéticiens, soit resté inconnu à tant de
philologues. M. P. examine ensuite l'époque de la transformation de la
prononciation du c, et il détruit complètement l'hypothèse émise
par M. Gröber et reprise par M. Meyer-Lübke, d'après laquelle
l'altération aurait commencé entre la conquête de la Sardaigne
(238 av. 0. 0.) et eelle, de l'Espagne (197. ἂν. J. C.). Cette
théorie s'appuie sur la correspondance prétendue des formes diverses
prises par le c dans chacun des pays romanisés avec l'époque de
la conquête; mais, comme le montre par exemple la conservation
du c intact jusqu'à nos jours dans ce qui subsiste de
l'illyroroman, une telle correspondance est tout à fait imaginaire, et du
reste on ne trouve nulle part, avant le VI® siècle, aucune trace
d'une altération quelconque dans la prononciation du c. M. P.
finit par admettre une altération indépendante du c dans les
différents pays romans; c'est là la seule manière de voir
raisonnable, et le savant auteur appuie sa théorie, qui sans doute
compte des partisans depuis longtemps, mais qu'il a l'honneur
d'avoir exposée le premier, par quelques considérations
intéressantes sur le développement phonétique du roumain et de plusieurs
patois français.
En somme, on retrouve dans ce mémoire, que je recommande
chaudement à l'attention des latinistes et des romanistes, toutes
les qualités du maître: une érudition vaste et pénétrante, une
méthode rigoureuse et une admirable clarté dans l'exposition. Du
reste il serait banal de louer M. Paris, et je ne trouve guère à
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