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108 Kristoffer Nyrop:
des mots dont il veut aiguiser la signification. C'est ainsi
qu'il a formé ba-battre, pé-pétiller, flo-flottant, bra-branlant.
Remarque 2. Le redoublement de la dernière syllabe
d'un mot est employé dans plusieurs jeux d'esprit ou
amusements poétiques; ainsi la rime «couronnée» demande, à la fin
de chaque vers, un mot répétant la dernière partie du mot
qui le précède immédiatement:
Je vois en moy toute laidure dure,
Par quoy d'enfer j'attens morsure sure:
Car c’est le lieu où sans pardon ardon.
(Pierre Fabri.)
La rime «emperière», renchérissant encore, demandait
qu'il y eût double répétition, au lieu d'une seule:
Prenez en gré mes imparfaits faits, faits,
Benins lecteurs très diligens gens, gens...
5) ÅLLITÉRATION. (C’est aussi la tendance à l'harmonie
qui provoque et favorise l'emploi, dans le même vers ou la
même phrase, de mots commençant par la même consonne.
Pourtant l’allitération qui a été d'une importance capitale dans
la versification des langues allemandes, joue, à cause de
l'accentuation différente, un rôle bien modeste dans les langues
romanes. En français, elle ne se montre qu'à l'état
sporadique et elle n'a jamais constitué un principe prosodique.
Citons quelques exemples de vers allitérés:
Messe e matines ad li Reis escultet.
(Roland 164)
La porte passent sans parece.
(R. de la Rose 13321.)
Et tant le fit p/orer et plaindre.
(ib. v. 1450.)
Fueilles ne flours ne mi font pas chanter.
(Mätzner, Afrz. Lied. XX, 1.)
Lors li firent le vin maintenant aporter
Fort et fier, fres et fin, franc, ferme, /roit et cler.
(Doon de Mayence 9670—1.)
Je n'y entends ne gros ne gresle.
(Patelin 1030.)
Et qui luy scet ne gré ne grâce.
(Jacob, Recueil de farces p. 227.)
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes.
(Racine, Andromaque V, 5.)
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Project Runeberg, Tue Jun 16 15:33:36 2026
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