- Project Runeberg -  Nordisk tidskrift for filologi (og pædagogik) / Tredie række : Sjette bind /
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(1874-1922)
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116 Otto Jespersen: Anm. af ciation lente et un peu solennelle et puis une autre très rapide avec toutes les assimilations, etc., qu'on se permet dans le langage familier, pour la plupart sans s'en rendre compte, de sorte qu'en voyant imprimées les formes qu'on emploie soi-même tous les jours, on est toujours tenté de les regarder comme terriblement vulgaires. On trouve donc ici côte à côte des formes comme les suivantes — je me permets pour des raisons typographiques de les transcrire dans le système employé dans mon Fransk Begynderbog, système qui est d'ailleurs assez semblable à celui dont se servent nos auteurs -— [il i avæ] et [javæ], [u il plø le mw&] et [wiplølmw&], [sæt ane la] et [stanela], [på'då kælko žur] et [pădkækžur], etc. C’est surtout dans «Une mauvaise farce», p. 12, quon peut étudier ces sortes de formes, qui possèdent autant d'intérêt pour l'étudiant scientifique du développement du langage que pour l'homme pratique qui veut passer quelque temps en France et qui n'aime pas borner sa compréhension de la langue du pays aux monosyllabes des garçons de café et aux déclamations du Théâtre français. Dans le récit d'un menuisier parisien, par A. Daudet (p. 132 ss.), on a essayé de rendre le langage du peuple, mais dans toutes les autres pièces ce sont les hommes cultivés dont la manière de parler est étudiée scrupuleusement et rendue dans toutes les nuances; on remarquera surtout l'indication précieuse des assimilations de voix et les déplacements de laccent d'intensité. L'accent musical n'est malheureusement indiqué que pour une pièce («Sur une morte», par Alfred de Musset). Dans beaucoup de cas plusieurs prononciations sont données comme bonnes ou permissibles, surtout par le moyen de caractères italiques marquant que le son en question peut être ou n'être pas omis. En somme, l'ouvrage est à recommander chaudement, et il est à espérer que les auteurs seront amplement récompensés par le public pour leur travail consciencieux. Le Dictionnaire de MM. Michaelis et Paul Passy est le premier dictionnaire vraiment phonétique d'une langue littéraire qui existe. Il est vrai que nous avons un grand nombre de dictionnaires de prononciation: mais, à l'exception peut-être unique de la Svensk Uttalsordbok de Lyttkens et Wulff il n'y en a pas un qui soit fait par un vrai phonéticien, et ils prennent tous pour pvint de départ la forme orthographique de chaque mot, à laquelle ils ajoutent une forme parlée indiquée avec plus ou moins d'exactitude. Dans le volume dont nous parlons ici, ce sont au contraire les formes parlées des mots qui sont rangées dans leur ordre alphabétique, et c'est à ces formes que viennent s'ajouter, comme une sorte d'explication, les formes employées dans l'orthographe traditionelle. Il va sans dire, pourtant, que le dictionnaire sera aussi utile à celui qui, connaissant la forme orthographique, voudrait savoir la prononciation; même avec un minimum de connaissance du français il la trouvera facilement,

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