Full resolution (JPEG) - On this page / på denna sida - Joh. Eleon. de la Gardie
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plus. Elle est exacte, civile, complaisante et même
obligeante envers ceux quelle distingue par quelque raison de
reconnaissance ou d’estime particulière, mais lors qu’il faut
montrer de la sévérité Ismène n’est jamais retenue par
aucune faiblesse et sait se faire respecter et craindre,
témoignant par là, que si elle a toute la douceur d’une
personne bien élevée, elle n’a pas moins la fierté de celle
qui est bien née. Ses inclinations sont vertueuses, son coeur
est tendre, et ceux quelle honore de son amitié la
connaissent délicate et constante; elle fait beaucoup pour eux,
mais elle sacrifie tout à la vertu. Son humeur est sérieuse,
mais ses manières sont si agréables que les enjouées ne
plaisent pas autant, parce que son esprit qui est vif et
solide, assaisonne tout ce qu’elle fait. Avec tant de belles
qualités et une infinité d’autres qu’il est impossible de
nommer toutes, Ismène a encore le je ne sais quoi. Ce charme
qui ne consiste point dans la beauté, ni dans la juste
proportion, ni dans les belles couleurs, dont on ne saurait
dire proprement ce qu’il est, mais qui résulte de toutes
les parties d’Ismène, qui se répand sur toutes ses actions,
qui se fait remarquer dans la moindre de ses paroles, et
qui comme un trait divin gagne, surmonte, charme et se
fait sentir sans se bien faire comprendre, qui serait
même capable d’embellir des défauts eu Ismène si elle
n’était accomplie, mais qui achève pourtant de former sa
perfection.
Non il ne faut aimer que la charmante Ismène,
Il ne faut adorer que ses divins attraits,
Tout autre amour n’est plus pour nos coeurs qu’une peine,
Depuis qu’Ismène seule a des charmes parfaits.
Quand un coeur dans ses fers par sa beauté s’enchaîne,
Son esprit, sa vertu, l’y retiennent pour jamais.
Non il ne faut aimer que la charmante Ismène,
Il ne faut adorer que ses divins attraits.
Les Amours et les Zéphyrs transportés d’admiration
redisaient tout haut ces deux derniers vers, et la pauvre
Vénus avait déjà un air si humilié qu’il ne coûta plus
guères à la bergère de la mener où elle voulait Déesse
vous voyez, lui dit elle, si j’ai eu raison de me vouer à
Ismène et de parler d’elle. “Mais puisque vous êtes
plainement instruite de son mérite, croyez encore qu’elle ne
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